News

14 mai 2012

Souvenons-nous de nos mères et honorons-les

Ma mère, Morenike Osotimehin, était une femme remarquable. Une grande entrepreneuse et une femme excellente pour mon père qui était instituteur. Elle a géré sa petite entreprise - l’approvisionnement en fruits - et donné naissance à huit enfants : quatre garçons et quatre filles.

Née en 1924, elle était forte - et constituait une source d’inspiration. Chaque jour était un numéro d’équilibre entre le travail et les exigences d’une grande famille. Elle avait compris que chacun de nous devait mener une vie productive et apporter une contribution à la société. Par conséquent, elle avait insisté pour que nous allions à l’école, travaillions dur et fassions de notre mieux. Elle avait aussi un faible pour ceux qui ne s’en sortaient pas aussi bien. En dehors de ses propres enfants, ma mère prenait régulièrement en charge des cousins et des neveux qui avaient besoin d’aide. Parfois, nous étions 15 personnes à la maison.

Ma mère avait un fort sentiment de soi. Elle croyait qu’en tant que femme elle avait des droits et elle savait que les femmes devaient être autonomes si l’on devait sauver des vies et si les familles et les communautés devaient prospérer. Elle - et mon père – ont inculqué à nous tous ces idées.

Je sais que ma mère n’était pas la seule à faire montre de telles valeurs. Tant de mères, y compris ma femme, sont des modèles pour leur famille et leur communauté. Je voudrais profiter de l’occasion de la fête de mères pour encourager chacun à se souvenir de - et à honorer - non seulement sa propre mère, mais toutes les mères. Nous sommes tellement habitués à l’idée que les mères sont fortes, ingénieuses et toujours présentes. Elles sont là lorsque nous avons besoin d’elles. Elles investissent dans leurs enfants et assurent la cohésion familiale. 

Nous oublions souvent que les mères ont également besoin de soutien, mais cette fête des mères peut nous aider à nous concentrer sur la vie que les femmes nous lèguent. Cela nous rappelle qu’elles ne doivent pas être négligées mais qu’elles méritent d’avoir des droits et des opportunités égales. Lorsque les femmes sont en bonne santé et instruites et qu’elles peuvent participer pleinement à la vie de la société, elles déclenchent le progrès dans leur famille, leurs communauté et leur pays. 

Pourtant les femmes continuent à subir la discrimination et la violence généralisées. Elles sont à la traîne par rapport aux hommes en matière d’accès à l’éducation, à la terre, au crédit et aux emplois décents ; elles jouent moins de rôles en matière de prise de décision. Elles continuent également à ne pas avoir suffisamment accès aux services de santé de la reproduction tels que la planification familiale moderne, l’assistance d’un personnel qualifié à l’accouchement et les soins obstétricaux d’urgence, si les choses vont mal.

Comme beaucoup d’autres femmes dans notre communauté, ma mère a pu espacer les naissances, en laissant au moins un écart de deux ans entre les enfants. Elle avait également accouché en sécurité avec l’assistance d’un personnel qualifié dans une maternité non loin de notre maison dans le village d’Ijebu-Igbo au Sud-ouest du Nigéria.

Ce n’était pas la norme à l’époque – et dans de nombreux endroits du monde, ça ne l’est pas encore. Les défis de la maternité menacent la vie des femmes et ce, en dépit des améliorations. Chaque jour, quelques 1000 femmes meurent encore pendant la grossesse et l’accouchement. Au 21ème siècle, nous devrions faire tout notre possible pour qu’aucune femme ne meure en donnant la vie. 

Beaucoup de naissances entraînent aussi des blessures débilitantes, comme la fistule obstétricale, qui peuvent souvent être évitées lorsque les naissances sont assistées par une sage-femme ou dans un établissement de santé qui dispose des équipements et du personnel appropriés pour prendre en charge un accouchement compliqué.

Ce qu’il faut faire pour maintenir les femmes en vie et en bonne santé est bien connu. A l’occasion de cette fête des mères, engageons-nous à faire de notre mieux pour reléguer la mortalité maternelle et l’inégalité dans le passé. Faisons en sorte que la maternité soit sans risque, rendons nos mères fières.

Bien que ma mère soit morte dans sa 80ème année, je sens toujours sa présence à mes côtés et je souhaite qu’elle puisse me voir maintenant, à la tête de l’UNFPA, une agence des Nations Unies qui travaille dans plus de 150 pays, aidant à garantir que chaque grossesse est désirée, chaque accouchement sans risque et que chaque jeune réalise son potentiel. Je sais qu’elle serait heureuse. Mais elle aimerait également que je sois humble. Elle aurait dit que la Providence m’a placé là pour accomplir une mission importante dans le monde et je promets de faire de mon mieux.

Suivre Dr. Babatunde Osotimehin sur Twitter: www.twitter.com/babatundeunfpa

http://www.huffingtonpost.com/dr-babatunde-osotimehin/mothers-day-2012-giving-birth-_b_1502135.html